Vendredi 20 octobre 2006
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(Reuters - 20 octobre 2006)
Tour à tour sur une même tribune mais sans jamais se croiser, les 3 présidentiables socialistes ont attaqué... la droite jeudi soir à Clermont-Ferrand, lors du premier meeting régional de la campagne pour l'investiture.
Dernier à prendre la parole en vertu d'un tirage au sort, Laurent Fabius a exhorté le Parti socialiste à ne "pas mettre ses pieds en quoi que ce soit dans les engagements de la droite". "Il faut que la gauche soit directement, offensivement antilibérale", a souligné l'ancien Premier Ministre, sur un ton extrêmement offensif, le poing levé, applaudi par les 3.000 militants réunis à la Maison des sports.
"La droite prône l'individualisme, elle cherche la division. Évidemment, elle finit par récolter ce qu'elle a semé et à l'élection de 2007 elle arrivera divisée", a renchéri Dominique Strauss-Kahn, pour qui Nicolas Sarkozy n'est "évidemment qu'une queue de comète" de "l'épopée lamentable de Jacques Chirac".
Ségolène Royal a, elle, senti chez les Français une "farouche envie" de battre la droite qui "dresse les gens les uns contre les autres". "La politique de la droite se résume aujourd'hui à une phrase: elle demande aux salariés de travailler plus et aux riches de payer moins", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes.
Chacun des candidats à la candidature disposait d'un temps de parole équivalent pour ce premier "côte à côte" de campagne mais devait répondre à 3 questions différentes - dont ils connaissaient la teneur - posées par des militants triés sur le volet.
"QUI EST-CE QUI SAUVE LE MONDE?"
Seule anicroche dans ce débat au cordeau, une militante a interpellé les présidentiables du haut des gradins. "Qui est-ce qui sauve le monde?", a-t-elle crié en direction du parterre. "Ce ne sont pas, comme on me le suggère à ma droite, Jésus. Ce sont les valeurs laïques du socialisme", a répliqué sans se démonter Laurent Fabius, alors à la tribune.
Parlant devant un grand panneau proclamant "Réussir ensemble le changement", le titre du projet adopté par le PS pour 2007, Ségolène Royal a pris un ton nettement plus à gauche que lors de ses allocutions précédentes. Le "vrai scandale" de la tarification bancaire c'est que "les riches ont les moyens de renégocier leurs prêts", a-t-elle dénoncé. La droite "permet aux riches de s'enrichir sur le dos des pauvres". Interrogée sur sa future politique de l'immigration, la favorite des sondages a suggéré que tous les immigrés s'arrêtent de travailler pendant 24 heures en France. "Ce serait quand même très pédagogique", a-t-elle ironisé.
Totalement engagé dans le "marathon enthousiasmant mais éreintant" de l'investiture, Dominique Strauss-Kahn a proposé un "chemin praticable" sur lequel les socialistes doivent avancer pour "durer" au pouvoir une fois l'élection remportée. Après le congrès d'Épinay, en 1971, la gauche "promettait la rupture mais (...) peinait à la mettre en oeuvre". Pour 2007, le PS doit retenir la "leçon d'Épinay" et tenir ses promesses une fois aux affaires, a fait valoir l'ancien Ministre de l'Économie. Pour apporter un "souffle nouveau" au socialisme et à la France, le futur Président de la République de gauche devra "changer le rapport de la politique à la vérité".
"IL VA FALLOIR TENIR BON"
En terrain ami au cœur d'une fédération qui l'a massivement soutenu lors du congrès du Mans, en novembre 2005, Laurent Fabius a prononcé un discours présidentiel offensif sous les yeux de ses compétiteurs, assis au premier rang.
Contrairement à Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn qui ne l'ont jamais cité, l'ancien Premier Ministre s'est référé très souvent au projet présidentiel du PS. "Le projet socialiste, c'est l'alternative à la mondialisation financière", a-t-il martelé, défendant à nouveau sa proposition d'augmenter le SMIC de 100 euros immédiatement après la présidentielle. "Pour des personnes qui gagnent 1.000 euros net par mois, il faut qu'avec l'arrivée de la gauche au pouvoir ils gagnent un peu plus qu'avec la droite", a-t-il insisté, alors que ses rivaux ont remis en cause cette proposition lors du débat télévisé de mardi soir consacré aux questions économiques et sociales.
"Cette campagne sera rude contre la droite parce que nous avons en face de nous des gens redoutables qui disposent de moyens colossaux financiers et médiatiques et qu'il n'hésiteront pas à s'en servir", a-t-il expliqué.
"La seule force que nous ayons avec nous, c'est vous, les militants. Il va falloir tenir bon".
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