Trait d'Union de l'Eure
"Assez parlé d'égalité, il est temps de faire des
égaux" (Jean Jaurès)
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Bonjour !
Merci à celles et ceux qui ont la gentillesse
de reprendre la lecture de ce blog politique.
Les échéances électorales sont évidemment importantes.
Mais elles sont peu devant l'immensité de l'effort nécessaire
de formation, de réflexion, de cohésion pour
reconstruire le parti des socialistes
sur une ligne clairement à gauche !
Jeudi 12 juillet 2007
Je participe depuis hier au Sénat au débat sur la loi sur les "libertés" des universités qui est au menu de la session extraordinaire du Parlement. A titre
personnel je me suis prononcé contre ce texte.
J'ai commencé à exposer les principales raisons de mon rejet de ce projet dans une intervention dans la discussion générale du texte hier soir. Je reproduis ci-après cette
intervention. Dans le corps du texte, vous pourrez cliquer sur des analyses plus approfondies sur quelques points essentiels comme les critères discutables des classements internationaux des
universités, les réussites du système français d'enseignement supérieur, les universités dans la logique du marché ou encore les questions essentielles laissées de côté par le projet de loi. Vous
pouvez également vous reporter à mon analyse détaillée des articles les plus
problématiques du texte.
Lire la suite
Sur le Blog de Jean-Luc :
L'heure tourne si vite ! Je dois à présent boucler mon bagage. Faute de mieux à propos du débat de cette nuit au Sénat sur les tests ADN, je colle ici le
texte de mon intervention. Je vous prie d'excuser cette ostentation. Allez sur le site du Sénat. Vous y trouverez un débat passionnant. N'empêche que ce fut une nuit de honte.
Mais mes collègues sénateurs de gauche ont été particulièrement bons argumentateurs.
Pour l'instant voici mon discours :
Mes Chers collègues,
Nous vivons un moment important. L'opinion suit avec attention nos débats. Elle va y trouver des arguments pour fonder son propre point de vue, car nombre de personnes n'ont pas
une idée arrêtée sur le sujet dont nous débattons ce soir.
Pour ma part, au lieu de vous répéter des arguments politiques, qui ont déjà été avancés, je voudrais vous inviter à réfléchir à partir de l'argument que nous a exposé M. le
Ministre. Acceptons-le un instant. Il s'agit, selon M. le Ministre, non pas d'empêcher les étrangers de venir en France mais de leur faciliter la vie. Les tests ADN seront proposés dans
les cas où il est impossible d'établir la filiation. Partons de ce postulat. Où est le problème ? Il n’y en a pas pour établir les filiations en droit positif, et cela a déjà été démontré dans
cette enceinte.
Nombre d'entre vous, mes chers collègues, ont été troublés par le texte adopté à l'Assemblée Nationale. Un amendement a donc été déposé ici tendant à rendre - disons les choses telles qu'elles
sont - quasi inapplicable ou tout à fait secondaire la mesure proposée. On peut se demander alors pourquoi le gouvernement s’obstine ainsi. D'autres ont apporté une réponse à
cette question mais, pour ma part, je ne veux pas y répondre. Mon intention est de vous convaincre à partir non pas de ce qui nous sépare, mais de ce qui nous réunit, et dont nous avons parlé à
plusieurs reprises : les valeurs républicaines. Attardons-nous un instant sur ce point.
Si nous établissons, même d'une manière seconde, annexe, qu'il est légitime d'établir la filiation par la voie génétique, nous changeons profondément le système existant. D'aucuns nous disent que
d'autres pays procèdent ainsi. Mais nous ne sommes pas obligés de les suivre. Dans notre pays, la filiation est déclarative. Que signifie ce principe ? Lorsque quelqu'un se
présente et affirme que tel enfant est le sien, jusqu'à preuve du contraire, on ne peut pas nier cette affirmation. Jusqu'à ce que l'on démontre le contraire, lorsqu'une femme revendique la
filiation d'un enfant, ce dernier est reconnu comme étant le sien. Comment le savons-nous ? Eh bien, la démonstration inverse peut être faite. Ainsi, une femme peut affirmer que l'enfant qu'elle
vient de mettre au monde n'est pas le sien : cela s'appelle « accoucher sous X ». En effet, dans notre tradition - c'est le résultat des Lumières -, le lien social est premier, alors que
le lien biologique est second. Cette grande avancée de l'esprit humain est le résultat de longs siècles de tâtonnements.
Certes, tous les autres peuples n'ont pas le même jugement que nous. Dans un autre domaine, mais tellement concomitant, dans certains pays, la nationalité est fixée par le droit du sang.
Nous, Français, avons tendance à considérer cela comme barbare, même si, par correction, nous ne le disons pas. Pour notre part, depuis François 1er, nous pratiquons le droit du
sol. De ce fait, en toute circonstance, les Républicains affirment que ce qui décrit le rapport entre les individus, c'est le lien social, le lien politique. C'est le fondement de la
République.
Certes, la mesure proposée ne correspond pas à ce que nombre d'entre vous ont craint, pour des raisons éminentes et patriotiques, y compris M. Pasqua, qui n'a pas la réputation de se
laisser emporter par la sensiblerie. Il a évoqué a ce sujet de mauvais souvenirs. Mais, mes chers collègues, ne vous tenez pas pour rassurés simplement parce que la disposition adoptée a été
transformée, d'une manière technique, en une mesure inapplicable. On pose un acte de principe et, pour ma part, c'est cet acte que je vous invite de toutes mes forces à repousser.
Chemin faisant, quelqu'un s'est dit : si la filiation est établie par la paternité, certaines découvertes risquent de troubler des familles. Un esprit simple a donc estimé qu'il serait plus aisé
de procéder à des recherches génétiques sur les femmes. Tout le monde a alors trouvé naturel que l'on établisse la filiation matrilinéaire. Un tel événement serait entériné, de fait. La
primauté serait accordée d'une part au lien biologique et, d'autre part, au lien matrilinéaire. Croyez-vous qu'il s'agisse d'une décision seconde ? Pas du tout !
D'aucuns soutiennent : « monsieur Mélenchon, vous êtes un peu naïf et angélique ; vous oubliez que parmi une nombreuse fratrie, on peut "glisser" un enfant qui n'est pas celui des supposés
parents. » Tout à l'heure, je vous ai fait remarquer, mes chers collègues, qu'il suffisait d'affirmer qu'un enfant est le sien pour que tel soit le cas. Mais que l'on y réfléchisse : on
reprocherait à ces personnes d'intégrer, du fait de leur culture, davantage d'enfants qu'ils n'en conçoivent. Pour notre part, n'avons-nous pas souvent plus de parents que l'état civil ne nous en
a donnés ? N'avons-nous pas des familles recomposées ? Le Président de la République "trierait-il" entre ses propres enfants et ceux de son épouse ? Procéderais-je moi-même de la
sorte ? Non, ils sont tous nos enfants. Ils disposent de deux pères, de deux mères, tout comme moi.
Mes chers collègues, n'en démordez pas. Restez-en aux principes que nous avons en commun. Il ne s'agit d'humilier ni un gouvernement, ni un parlementaire ni de mettre en défaut une
majorité. Il s'agit de plaider pour les valeurs auxquelles nous croyons et qui nous distinguent : nous sommes le peuple des Lumières et de la République.
(Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe Communiste Républicain et Citoyen)

Le 21 juillet, c'est l'heure de vérité. «Nul ne peut être assuré» que la réforme des institutions sera votée lors du Congrès à Versailles par les 577 députés et les 331 sénateurs, reconnaît d'ailleurs sans ambage le président UMP de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer. «Cela se jouera à quelques voix».
Le bon coup de Sarkozy avec le PRG. Les radicaux de gauche sauveront-ils à eux seuls la réforme des institutions ? Oui, c'est possible, semble se dire le chef de l'Etat qui, selon L'Express.fr, aurait fait une concession majeure au petit parti de Jean-Michel Baylet. Afin d'obtenir un vote positif ou au minimum l'abstention de ces parlementaires, Nicolas Sarkozy et François Fillon devraient abaisser le seuil nécessaire pour constituer un groupe à l'Assemblée et au Sénat à 10 élus. Ce qui permettrait au PRG d'avoir deux groupes autonomes dans les deux chambres du Parlement. Dans une dernière tentative pour emporter l'adhésion d'autres élus, notamment socialistes, Nicolas Sarkozy pourrait également annoncer cette semaine un décompte partiel du temps de parole du chef de l'Etat dans l'audiovisuel. Favorable à un décompte, Bernard Accoyer a déjà envoyé une lettre au CSA pour lui demander d'étudier la question.
Les «nonistes» de la majorité UMP-Nouveau Centre. Ils savent qu'ils peuvent faire perdre leur camp, mais semblent déterminés à aller jusqu'au bout de leurs convictions. Une dizaine de députés UMP, qui refusent que la Constitution de Michel Debré soit dénaturée (limitation du 49-3, partage de l'ordre du jour…), s'apprêtent à voter contre la réforme. En première lecture déjà, début juin, à l'Assemblée nationale, 13 élus du groupe majoritaire avaient émis un vote négatif, 5 s'étaient abstenus et trois n'avaient pas pris part au vote. La plupart ont indiqué qu'ils entendaient maintenir leur vote négatif : c'est le cas des chiraco-villepinistes Henri Cuq, Guy Geoffroy, François Goulard, Jean-Pierre Grand, Jacques Le Guen, des élus du CNI Gilles Bourdouleix et Christian Vanneste ainsi que de Jacques Myard, Bernard Debré. Ils ont été rejoints par Lionnel Luca, qui avait voté pour en première lecture.
Le PS unanimement contre… sauf un. L'orateur socialiste Arnaud Montebourg, référent sur le texte des institutions, a répété que les
parlementaires socialistes, comme les Verts et le PCF, voteraient contre la réforme des institutions à Versailles : «A ceux qui pensent qu'ils pourront espérer les défections des uns ou des
autres, je peux vous dire que nous serons tous là le 21 juillet. Malheureusement, nous voterons non.» Sauf peut-être un trublion : Jack Lang.
Lire la suite : http://www.lefigaro.fr:80/politique/2008/07/15/01002-20080715ARTFIG00375-institutions-tractations-avant-un-vote-indecis-.php
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