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les pleins pouvoirs
à Sarkozy !
Affirmons
la voix de la gauche
aux élections législatives.
 
Législative 
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Bonjour !

Merci à celles et ceux qui ont la gentillesse
de reprendre la lecture de ce blog politique.

Les échéances électorales sont évidemment importantes.
Mais elles sont peu devant l'immensité de l'effort nécessaire
de formation, de réflexion, de cohésion pour
reconstruire le parti des socialistes
sur une ligne clairement à gauche ! 
 

Refondation de la gauche

Lundi 25 juin 2007 1 25 /06 /2007 00:10
Pierre Rosanvallon tire les leçons des élections présidentielle et législatives et analyse le débat sur la gauche qu’il pense mal engagé. Il lance des pistes comme le «faire société» et revient sur le capitalisme et la social-démocratie qu’il juge bon de resituer dans l’histoire. 
 
Source : LIBERATION : samedi 23 juin 2007
 

Avec le second tour des élections législatives, le long cycle électoral est désormais terminé. Quel bilan en tirez-vous ?
 
Le premier élément, exprimé par le passage d’un taux de participation de 85 à 60 %, est le contraste entre le fait d’une démocratie vibrante lors de la présidentielle et l’apparence de son étiolement à l’occasion des législatives. Ces chiffres amènent à bien distinguer 2 choses. D’une part, le succès de la présidentielle a manifesté l’attente de politique du pays, attente qui a trouvé un terrain propice avec la compétition entre 2 personnalités qui étaient, chacune à sa façon, en dissidence avec leur propre camp : Nicolas Sarkozy dans sa distance à Chirac, Ségolène Royal contre les éléphants du PS. Il y a eu le sentiment qu’un nouveau cycle démocratique commençait, ce qui a permis à la dimension d’incarnation propre au scrutin présidentiel de jouer pleinement en faveur d’une participation forte.
 

Mais celle-ci a replongé aussitôt.
 
Oui, mais on ne doit pas analyser ce reflux comme un retour au désenchantement. L’élection joue un rôle central dans la vie démocratique à condition de rester un moment solennel et décisif. L’effet pervers de la réforme du quinquennat a été de réunir présidentielle et législatives en un seul cycle, donnant à l’électeur le sentiment justifié d’une répétition. L’élection doit marquer des moments de rupture ou de réalignement, mais ce sont ensuite les multiples formes de la prise de parole sociale qui constituent la véritable participation des citoyens. Entre les élections, c’est le temps de la contre-démocratie. En ce sens, le cycle électoral de 2007 invite à réfléchir, en général, au rôle à la fois central et relatif de l’élection en démocratie et, en particulier, au fonctionnement de nos institutions.
 

Précisément, la rupture annoncée a-t-elle eu lieu ?
 
L’élection de Nicolas Sarkozy marque une rupture générationnelle, mais aussi une rupture intellectuelle et sémantique. La force du nouveau Président a été de trouver un langage politique capable de lier les grands thèmes classiques de la droite - l’ordre, la famille, le travail, la sécurité - à un nouveau langage. Ses discours sur le mérite, l’effort, la responsabilité ont eu un effet valorisant pour beaucoup de Français, car ils s’adressaient à ce qu’il y a de fort en chacun. Et en même temps - et là est à mes yeux la clé de son succès - le langage sarkozien avait une dimension subliminale stigmatisante : il revenait à dénoncer les assistés comme des «paresseux» ; à travers le lien identité-immigration, il suggérait l’existence d’un bloc menaçant contre lequel il fallait faire front. En somme, Nicolas Sarkozy a superposé un langage libéral-moral explicite et un langage populiste implicite. Face à lui, Ségolène Royal a commencé la campagne avec un langage qui sortait de la routine socialiste, mais son effort s’est enlisé et elle n’a pas su dégager une aura sémantique aussi efficace que son adversaire. Cela a été patent lors du face-à-face télévisé.
 

Mais alors, comment comprendre la brusque remontée de la gauche au second tour des législatives ?
 
Je vois 2 facteurs. A travers le cafouillage sur la TVA, certains électeurs ont deviné que, derrière les discours chaleureux de Nicolas Sarkozy, se profilait une forme de fiscalité de classe. Surtout, la peur d’un pouvoir trop omniprésent a fortement poussé les électeurs du Modem à se reporter sur la gauche. Mais, sur cette question précise, il ne faut pas se tromper : ce n’est pas l’étendue d’une majorité qui peut menacer le pluralisme, mais la nature des institutions. Le problème français actuel réside dans la limitation du rôle du Conseil Constitutionnel, la suspicion où sont tenues les autorités indépendantes ou encore la méfiance vis-à-vis du pouvoir judiciaire. La meilleure protection contre l’arrogance de la majorité repose sur les droits de la minorité, quel que soit son volume.
 

Ségolène Royal avait ouvert sa campagne sur la démocratie participative. En reste-t-il quelque chose ?
 
Sa force est, dans la première partie de sa campagne, d’avoir perçu que la démocratie n’est pas seulement élection, mais aussi expression et prise de parole. Dans sa deuxième partie, elle a tout misé sur la personnalisation, jugeant que les programmes comptaient moins que l’offrande de sa personne à la société française. Pour autant, je pense que l’aspiration à une démocratie d’expression va rester présente et obligera à penser le pluralisme des formes de la citoyenneté. Car la démocratie participative, ce n’est pas la généralisation du processus électoral : c’est l’extension de la prise de parole et de la délibération publique.
 

L’entrée de personnalités de gauche dans le gouvernement Fillon participe-t-elle d’un renouvellement de la démocratie ?
 
Je ne crois pas. Certes, la vie politique consiste à essayer d’élargir sa base de départ, mais il faut distinguer la prise en compte des idées et des projets venus d’autres horizons et le ralliement de personnalités. Une ouverture n’est pas une affaire de communication fondée sur le débauchage de personnes à fort capital symbolique. Chaque cas est spécifique, mais tous les ralliés ont pour caractéristique de représenter, au regard de ces catégories, un «maillon faible». Mais il ne faut pas en rester aux questions d’individus. Car ces ralliements ne font qu’illustrer le pari implicite que font un certain nombre de gens sur l’effacement de longue durée de la gauche ; plus largement, ils révèlent un certain déclin de la vision politique dans notre société : chaque rallié a pris en considération le problème qui le concernait, mais comme si ce problème ne s’insérait pas dans une politique plus générale.
 

Justement, Martin Hirsch, avec qui vous aviez eu l’occasion de travailler, entre au gouvernement pour mettre en place son projet de revenu de solidarité active.
 
J’ai de l’estime pour la personne. Mais sa décision m’a surpris et déçu.
 

La rénovation de la gauche est-elle bien partie ?
 
La gauche, et pas seulement en France, peine à se présenter comme une force de proposition. Dimanche dernier, ce n’est pas à la qualité de ses propositions qu’elle a dû son sursaut électoral, mais aux maladresses du pouvoir. Depuis 1993 au moins, à la façon de ces légitimistes du début du XIX e siècle qui ne voyaient l’avenir que sous la forme d’un retour au passé, la gauche «restauratrice» en vient paradoxalement à célébrer le bon vieux capitalisme d’autrefois, par opposition à ce qui serait devenu l’odieux néolibéralisme d’aujourd’hui. On permettra à l’historien d’estimer que c’est une vision oublieuse des réalités. C’est pourquoi il me semble que le débat s’engage très mal. On ne prend pas assez les choses à la racine. Ce maître mot de «rénovation», qui est sur toutes les lèvres, est par ailleurs ambigu. On fait comme s’il ne s’agissait que d’une question générationnelle ou d’un problème de style politique.
 

La rénovation est souvent présentée comme une «modernisation».
 
Il est tout aussi illusoire de penser qu’il suffirait de procéder à un aggiornamento, de se replier vers un point de vue plus modéré, de dire adieu à la radicalité au nom du réalisme, à un moment où les voix du Modem en font rêver plus d’un. L’extrême gauche a certes pesé négativement sur le Parti Socialiste, mais son problème me semble surtout consister dans sa préférence permanente pour une posture rhétorique au détriment d’une critique sociale effective. C’est par ailleurs encore faire fausse route que d’ériger l’idée sociale-démocrate en alpha et oméga d’une refondation. La social-démocratie, il ne faut pas l’oublier, se présente aujourd’hui en Europe comme la trace résiduelle d’une histoire glorieuse mais achevée. La social-démocratie était une idée neuve dans les années 60, elle ne l’est plus. A l’époque, elle constituait la bonne réponse organisée à un moment précis du capitalisme industriel, qui nécessitait la mise en place de grandes institutions de protection collective, et où patronat et syndicats étaient en mesure de conclure des compromis globaux sur les liens du capital et du travail. Le capitalisme d’aujourd’hui pose d’autres questions et appelle d’autres moyens. Nous sommes passés de ce que j’appelle un «capitalisme de la généralité» à un «capitalisme de la singularité» qui est en train de restructurer sur un mode inédit les sociétés contemporaines. Il n’y aura pas de refondation pensable du socialisme si on ne part pas de là.
 

Tony Blair constitue-t-il une référence, dans cette perspective ?
 
Le point fort du blairisme est d’avoir eu l’intuition de la nature de cette mutation. Son point faible est d’avoir manqué d’imagination en termes de réponse et de s’être limité à apporter des solutions libérales et moralisantes.
 

Quelles sont les vraies pistes ?
 
La gauche doit passer d’un «socialisme du statut», fondé sur des collectifs protecteurs, à un socialisme du soutien aux trajectoires individuelles, donnant aux individus les moyens de sécuriser leur histoire. La société n’est plus constituée de groupes stables et cohérents. Il ne s’agit pas de dire par là que nous sommes passés d’une société de classes à une société d’individus. Il y a évidemment toujours du social, mais c’est la façon de «faire société» qui a changé. On «fait société» en partageant des épreuves, des situations ou bien en étant confrontés à des mêmes problèmes. Lorsqu’une entreprise ferme, il y a une communauté d’épreuves qui se constitue sur un mode classique ; mais lorsque des individus vivent une même expérience de déclassement, ils ne forment pas une communauté de déclassés : il n’y a pas une identité du déclassement, mais des histoires et des situations de déclassements. C’est précisément cette transformation de la société qui appelle un rôle accru de la démocratie. La démocratie, c’est produire du commun, de la lisibilité. «Faire société» ne consiste plus simplement à agréger des groupes, mais prend la forme d’une opération de connaissance de la société sur elle-même et de l’élaboration d’un processus de discussion et de délibération pour dégager les normes adéquates de protection et de solidarité. Le dernier point est que la redéfinition du lien social ne peut se limiter à un seul pays et qu’il devient vital de formuler un nouvel universalisme. Le socialisme a toujours accompagné son projet de l’idée d’un progrès de l’humanité. Redéfinir l’universalisme, ce n’est pas simplement constater l’existence d’un registre supérieur des problèmes (l’écologie, le développement, la paix) qui planerait au-dessus des autres problèmes ; c’est chercher la voie pour faire partout de ces problèmes généraux des questions concrètes et immédiates pour tous. Ce n’est pas un universalisme des bons sentiments, mais un «universalisme de terrain», immergé dans les difficultés que vivent les différentes sociétés.
 

Dans la première partie de sa campagne, Ségolène Royal a largement puisé dans les travaux de la République des Idées ? Est-ce un succès pour vous ?
 
Il y a un besoin énorme de refondation intellectuelle. Pour avancer, il faudra multiplier les enquêtes et les travaux de sciences sociales. Dans la période qui vient, la République des idées entend donc développer sa production et aussi «déprovincialiser» la réflexion française, trop souvent enfermée dans un cadre mental hexagonal. Nous lancerons à l’automne un site Internet ayant pour but de rendre compte de la production d’idées nouvelles partout dans le monde, et nous participerons aussi à l’animation de nouveaux forums comme celui que nous avions organisé à Grenoble il y a un an.


Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Lundi 25 juin 2007 1 25 /06 /2007 11:09

"Une saine colère"


Tribune publiée par Luc Derai, Rodolphe Kauffmann, Yann Aubry dans Marianne

La gauche a, comme en 2002, ratée un nouveau rendez-vous avec l'Histoire.
Elle a perdu car elle a cru que la forme l'emporterait sur le fond, le sondage sur le citoyen, la tactique sur la stratégie. Elle a perdu alors que nous ne devions pas perdre.


Face à cet état de fait, nous sommes en colère, nous, cadres socialistes venant de diverses sensibilités du Parti Socialiste. Et nous avons décidé de faire valoir notre point de vue sur le
sens de la défaite sévère que nous venons de vivre et sur les jalons à poser pour la gauche de l'avenir. Cette « saine colère » nous la devons aussi à ces millions de salariés et de précaires qui vont subir la loi implacable de la droite libérale et autoritaire qui vient de conquérir les reines du pouvoir d'État. Il sera difficile de nous traiter de missi dominici d'une
quelconque coterie puisque nous venons de courants divers et pourtant nous nous réunissons pour réfléchir ensemble. Nous revendiquons encore le rôle du Parti comme intellect collectif devant donner un débouché aux luttes sociales. Nous savons que c'est en son sein qu'auront lieu demain les refondations nécessaires permettant de proposer une alternative à la droite décomplexée de Nicolas Sarkozy. Nous souhaitons valoriser toute la gauche syndicale, éducative, associative, intellectuelle pour former les passerelles qui régénéreront notre socialisme démocratique et nous voulons dès maintenant nous interroger sur les raisons de notre défaite.


Laissons de coté les formules lapidaires de celles et ceux qui au lendemain d'une défaite expliquent à longueur de tribunes que c'est toujours la faute des « autres ». N'y aurait-il pas pourtant chez ces éternels jeunes hérauts du coup d'après de l'honnêteté à reconnaître et assumer certaines erreurs ? Les ténors sous-employés ne se seraient pas assez employés. Un parti exemplaire car démocratique au temps des investitures ne serait plus qu'un champ d'indiscipline pendant la campagne. Un agenda souhaité par la candidate et notre Premier Secrétaire serait devenu la cause d'un manque de lisibilité du programme présidentiel. Rappelons simplement que  l'agenda et le débat, accepté par tous, ont placé notre candidate haute dans les sondages jusqu'en janvier. Alors, au nom de la gauche, épargnons nous d'emblée ces arguties qui voudraient voir comme seules explications de la victoire de Nicolas Sarkozy les mauvaises manières supposées - mais jamais démontrées - des uns ou des autres envers notre candidate Ségolène Royal pour souligner les causes réelles, profondes d'un échec de cette ampleur.


Cette défaite vient de loin, elle est la défaite d'un projet de société méandreux contre un autre, structuré. Elle est l'aboutissement d'une destruction énergique et patiente des idéaux de progrès par un capitalisme financier qui a trouvé dans « le rappel à l'ordre » le meilleur avatar pour asseoir son système d'aliénation. A longueur de discours, Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse d'opposer les catégories populaires entre elles participant ainsi de l'individualisation de la société. En 'appuyant sur une société fragmentée socialement et territorialement par la mondialisation libérale, le candidat de l'UMP a voulu contraindre l'intérêt collectif et le vivre ensemble en valorisant le chacun pour soi et le communautarisme.


Par ce biais, Nicolas Sarkozy put surmonter la classique dialectique des rapports de production, celle opposant le capital et le travail, en une autre plus avantageuse pour la tyrannie des actionnaires, celle qui met en conflit les travailleurs et les plus pauvres, ceux que l'on culpabilise désormais sous le vocable d'« assistés ». La droite a ainsi gagné une bataille culturelle, elle a inoculé depuis 5 ans un venin idéologique réactionnaire devant être le corollaire au capitalisme mondialisé. Cette droite a vocation à servir les intérêts de la prédation libérale. Elle sait que les mécanismes de la financiarisation de l'économie implique naturellement des méfaits palpables pour nos concitoyens (les délocalisations, la précarisation des statuts, l'atomisation sociale, la segmentation territoriale). D'où ce nécessaire viatique qui, pour pérenniser la rentabilité financière de l'actionnariat transnational, doit fournir une conception de l'action publique faite de mise au pas des « déviants », de stigmatisation des plus précarisés d'entre nos concitoyens et de méfiance assumée à l'égard des étrangers.


Nicolas Sarkozy a donc développé une double lecture du monde. Celle qui projette toutes les opportunités sans entraves que recèlent « la société de marché » pour les catégories les plus incluses et celle donnée comme un hochet aux déclassés des Trente Glorieuses, qui a pour réceptacle les mots de hiérarchie, d'effort et d'ordre et comme ennemis mêlés l'Autre et « l'assisté ». Or, cette alchimie a fonctionné électoralement, y compris auprès de ceux qui subiront les affres mystificateurs d'une politique ne devant, au final, servir que les intérêts de cette nouvelle aristocratie financière.


Et face à cela qu'avons-nous faits ? 

Qu'avons-nous fait pendant 5 ans quand nous ne fûmes pas capable de donner un débouché politique aux mouvements sociaux ou de jeunesses
(retraites 2003, services publics 2004, banlieues 2005, CPE 2006), quand nous ne pûmes nous adresser aux salariés modestes, quand nous avons oublié l'économique et le social, la République et l'éducation, quand surtout nous n'avons su apporté une réponse globale à la question simple : quel socialisme, quelles régulations pour la mondialisation ? 
Qu'avons-nous fait de cet électorat qui nous a fait remporter toutes les élections intermédiaires ?
Qu'avons-nous fait pour abandonner l'idée même de changement à Nicolas Sarkozy, candidat sortant, Ministre 5 année durant ? 

Nous avons fait de la gestion clanique d'appareil.


Qu'avons-nous fait pendant la campagne sinon parfois épouser les règles du jeu de l'adversaire en reprenant certains thèmes et un métalangage que le candidat de la droite avait déjà préempté depuis bien longtemps ? 
Qu'avons-nous fait en portant au pinacle le sociétal comme unique Rubicon, la triangulation comme horizon doctrinaire, la rénovation de façade et les postures coté cour ? 
Qu'avons-nous fait alors que l'ensemble des thèmes jugés prioritaires par les français était favorable au camp progressiste (lutte contre le chômage et la pauvreté, éducation, logement (CSA pour L'Humanité en janvier), auxquels s'ajoutent le pouvoir d'achat et la protection sociale (TNS-Sofres pour Le Figaro en mars) ?
Qu'avons-nous fait en lessivant la gauche dans les urnes alors même que 56¨% des français ont voté par défaut pour notre candidate au 1er tour ? 

Nous avons suivi les études qualitatives hebdomadaires. 

Contrairement à 2002, la question sociale était au cour de l'actualité et de la campagne présidentielle. Nous avions vocation à y répondre. Nous ne l'avons pas fait, notre « logiciel », virusé par la droite, n'étant plus opératoire vis-à-vis des catégories que nous avons vocation à servir.


C'est aux réponses à toutes ces questions que nous devons maintenant nous atteler, il en va de notre vocation historique, il en va de l'avenir de la gauche. Il est temps de commencer ce travail de refondation idéologique pour irriguer la société. Il est temps de mettre de coté méthodes éculées, reniements et pseudo rénovation, en assumant collectivement la défaite tout en restant lucide sur les responsabilités. Il est temps de proposer un avenir à la gauche. Le débat entre anciens et modernes n'a aucun sens si les socialistes réformateurs français n'accèdent jamais aux responsabilités.


Nous savons tous que l'alliance des antilibéraux jusqu'aux sociaux démocrates est non seulement souhaitable mais indispensable. Nous disons alors que l'avenir à gauche ne s'écrira qu'en réaffirmant nos valeurs et en répondant aux questions que posent la mondialisation libérale en termes de valorisation du capital au dépend du travail. 

Nous disons aussi que l'avenir de la gauche passe par une véritable rénovation de notre fonctionnement interne. 
Comment mettre en adéquation la sociologie du Parti avec celle de notre électorat ? Comment renouer et créer des lieux d'échanges pérennes avec les syndicats, les acteurs associatifs pour irriguer le monde du travail et le mouvement social ? 
Comment agir volontairement pour créer de véritables sections d'entreprise ? 
Comment renforcer la formation de nos militants tout en agrégeant les intellectuels en fondant une Université populaire de la gauche ? 
Comment interagir dans nos relations avec l'ensemble de nos partenaires politiques ? Comment viser au non cumul des mandats et des fonctions ? 
Comment éviter les résultats connus d'avance dans certaines fédérations ? 
Comment assumer nos différences en acceptant la richesse de nos débats ? 

La rénovation ne se décrète pas d'une salle obscure rue de Solférino. Elle s'affirmera comme unique solution pour gagner demain.


La France a longtemps appréciée les finalistes malheureux, les Poulidor, préférée la défaite avec panache à la victoire étriquée. On aurait pu espérer que ces temps là soient révolus. Le « courage » de François Bayrou, « l'allant » de Ségolène Royal ont marqué indéniablement l'élection présidentielle. Qu'en restera-t-il pourtant ? Un quinquennat de Nicolas Sarkozy et la démolition programmée de notre pacte social et républicain. Pour les Françaises et les Français les plus en difficulté qui seront demain durement touchés dans leur existence, pour la France des droits de l'homme et de la laïcité, seule la victoire de la gauche aurait été belle, nécessaire. 

Alors oui, nous ressentons une sourde colère, celle qui ne s'épuise pas en des sourires radieux comme paravent au soir d'une grave défaite électorale. Celle qui désespère de la gauche quand d'autres font leur miel d'alliance de bords de tables avec un futur parti croupion de centre-droit. 

Nous, socialistes de diverses sensibilités, nous voulons abandonner les impératifs du court terme pour construire la réalité de demain et nous appelons donc toutes celles et tous ceux, de gauche, militants, intellectuels, citoyens, jeunes et moins jeunes, à venir nous rejoindre pour travailler ensemble sur les causes de la défaite et construire la gauche à venir. 
Nous avons 5 ans. Nous ne serons pas d'accord sur tout. Heureusement. Nous ne créons ni un parti ni un courant. Simplement un forum. Nous débattrons, mais avec espoir et ambition. Sans contingence ni leadership. Pour repenser, travailler, pour refonder, pour changer et rénover. Il n'est que temps. Car nous ne nous satisferons jamais d'une défaite évitable, qui au-delà du Parti socialiste, restera principalement celle de nos concitoyens les plus précaires.

Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /2007 21:34

Quelle Gauche d’après ?

 

Une tribune de Jean-Luc Mélenchon publiée dans Marianne le 30 juin 2007

Le PS doit changer ? Soit. Mais dans quel sens ? Les uns veulent disposer d’un outil de combat pour changer la vie. Les autres sont davantage préoccupés de « s’adapter » au monde « tel qu’il est ». Ainsi, avant de rénover mieux vaudrait clarifier

En commençant par l’essentiel : doit-on affronter ou accompagner la mondialisation libérale ? Ce n’est pas une question académique. Toute la social-démocratie internationale a répondu : elle accompagne. Elle finit par précéder. Le résultat est pitoyable.
 
En Allemagne elle gouverne avec la droite. En Angleterre, elle la remplace. Dans toute l’Europe, les sociaux démocrates démantèlent l’État social qu’ils avaient construit : retraite à 67 ans, diminution des indemnisations du chômage, privatisations en série, etc. Très vite les milieux populaires leur préfèrent n’importe quel autre remède de cheval s’il parait être une solution volontariste à la paupérisation qui les ronge. En Amérique latine, la social-démocratie peut même faire tirer sur la foule des mécontents de sa politique: 3000 morts au Venezuela, 100 en Argentine, 1000 en Bolivie… 

Sur tout ce continent, la gauche nouvelle qui se réinvente le fait en dehors des partis sociaux-démocrates et le plus souvent contre eux. Quelle est alors la « modernité » de cette injonction social démocrate quand cette politique affiche une faillite d’égale ampleur à celle qu’a vécue le communisme d’état ? 

Dans le parti socialiste d'Épinay, les courants socialiste et social démocrate produisaient ensemble une vision et un programme. L'alliance à gauche était exclusive. Ce dispositif entraînait la société et la gauche y est devenue majoritaire. On dit ce "logiciel" dépassé. Il faut bien un bouc émissaire. Voici venir l’apothéose : l’objectif de faire un « grand parti du centre et de la gauche » ! Une tromperie. Si le Centre existe comment croire que son accord s’obtiendrait sans conséquence sur le programme gouvernemental ? Ainsi sous couleur d’efficacité électorale (déjà contredite dans les urnes) s’avance sans le dire un projet de société. Le désir d’alliance au centre vient d’une vision dépassée de l’état politique du pays. Le temps des blocs électoraux arbitrés par les petits bourgeois des centres-villes est fini. Aujourd’hui dominent les désorientés et les désemparés. Salariés ou chômeurs, ils sont aux abois, disponibles pour la prostration ou pour le combat comme le prouve le changement de pied de l’électorat entre les 2 tours des législatives.
La société n’a pas glissé à droite. Elle veut que ça change vraiment et ne sait de quel côté se tourner pour y parvenir. 

Quand on est de gauche, comment unifier ces catégories populaires, du haut en bas de l’échelle autour d’un projet commun efficace si l’on renonce à dire que tout commence par un nouveau et vigoureux partage de la richesse produite ? Comment le faire sans dire avec qui et contre qui ? Sans dénoncer la logique d’accumulation absurde et cruelle du capitalisme de notre temps ? Sans affronter la mondialisation libérale la mère de toutes nos souffrances ? Voilà le vrai tabou à briser. 

Mais si au contraire on décide de placer les enjeux sur le terrain choisi par nos adversaires et de parler leur langue, comment leur disputer l’hégémonie culturelle qu’ils s’y sont acquis ? Rien ne sert de nier la contradiction qui sépare les socialistes sur ces sujets centraux et ceux qui s’y rattachent.
Au contraire c’est en la reconnaissant qu’on peut la traiter en dynamique pour toute la gauche. 


C’est pourquoi j’ai dit que mieux vaut le divorce que le mensonge s’il faut encore maquiller la réalité de nos contradictions avec des synthèses de convenance. Je m’y tiens. Si le PS doit devenir un parti de centre gauche assumé, un parti social démocrate, la vie commune en son sein ne sera plus possible avec ceux qui veulent faire vivre l’idéal de la République sociale et de la gauche de rupture. Ceux là seraient pris en otage. Ils devront s’assumer eux aussi. 


C’est ce qu’a fait l’ancien président du SPD Oskar Lafontaine
en Allemagne en fondant le parti de gauche Die Linke avec les communistes, des écologistes et des syndicalistes. Certes on peut aussi vouloir que le PS soit lui-même le lieu de la force nouvelle à construire avec toute la gauche. Pourquoi pas. Mais alors ce n’est pas une rénovation qu’il faut envisager, c’est une révolution. 


Bref, l’invention de la gauche d’après le communisme d’état et la social démocratie doit commencer en France aussi. Ni le social-télé-évangélisme ni la social démocratie ne peuvent en tenir lieu !

Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /2007 21:48
La Gauche d'Après



Le conseil national de l'association "Pour la République Sociale" (PRS), présidée par Jean-Luc Mélenchon, s'est tenu ce week-end.
En est issu un document politique de première importance.


Lire ce document  :
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/45/07/54/PRS/La-Gauche-d-Apr--s.pdf



Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /2007 10:30

Les royaliens s'organisent...


...Revoir les fondamentaux de la gauche...

... modernité et radicalité...

... donner au socialisme et à la gauche les couleurs de notre siècle...


Au delà des mots, une réalité : Royal lève des troupes pour un autre projet, voire pour un autre parti ... (socialiste ?)

Et, bien entendu, les commentaires son désactivés pour cette vidéo... La démocratie participative, selon Royal, a ses limites...

Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 12:06

Le club "Gauche Avenir" a tenu sa première réunion

Source : NOUVELOBS.COM | 06.07.2007 | 11:01

 

Cette rencontre entre des socialistes proches de Laurent Fabius, des communistes et des Verts doit engager un "travail de réflexion sur les valeurs, l'identité et l'actualité de la gauche".


L
e club "Gauche Avenir", fondé notamment par des socialistes proches de Laurent Fabius, des communistes et des Verts en vue de réfléchir et redéfinir les "valeurs" de la gauche, a tenu sa première réunion cette semaine à Paris, selon un communiqué publié jeudi 5 juillet.

Plus de 250 personnes ont participé à cette première rencontre pour engager un "travail de réflexion sur les valeurs, l'identité et l'actualité de la gauche", débat "indispensable à toute refondation, à toute relève après les graves échecs électoraux récents".

Certains veulent une rénovation autour du PS, d'autres prônent une stratégie d'alliance comme "Die Linke" en Allemagne. Enfin, certains espèrent un grand parti de la gauche.

Dans un message aux participants, l'eurodéputé communiste Francis Wurtz a souligné que Gauche Avenir n'était "ni un nouveau parti, ni un lieu qui se substituait à la rénovation engagée dans les différents mouvements de la gauche", mais qu'il "la nourrissait".
Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 12:25

Le nouvel âge du Parti socialiste





La gauche réformiste ne doit pas renoncer à ses valeurs, mais réinventer leur mise en oeuvre.


Source :
Tribune parue dans le journal Le Monde, le 5 juillet 2007.


La refondation n'a que des amis au Parti Socialiste, tout le monde s'en réclame et chacun en redemande. Mais que faut-il précisément entendre par là ? La refondation que nous appelons de nos vœux porte à la fois sur les idées, le programme, l'organisation, les pratiques militantes.


S'agissant des idées,
le problème n'est pas de savoir si "le PS veut améliorer la société ou renverser la société", "s'il accepte le marché ou s'il le rejette", comme feint de le croire Alain Duhamel. Le PS s'est prononcé, il y a longtemps déjà, pour une économie sociale de marché, régulée par la puissance publique et les partenaires sociaux. Il a fait sien le credo d'Helmut Schmidt : " Le marché autant que possible, l'action de la puissance publique autant que nécessaire. " La question à laquelle il se trouve confronté n'est pas " Réforme ou Révolution ", mais comment maîtriser et civiliser le nouveau capitalisme.


La question se pose à toute la gauche socialiste européenne.
Elle a appris au XXe siècle à maîtriser et à humaniser un capitalisme national et industriel. Elle est confrontée désormais à un capitalisme mondialisé et dominé par la finance, à une société de plus en plus fragmentée et travaillée par un individualisme désagrégateur. Les valeurs de la gauche réformiste - égalité, solidarité, justice sociale, liberté, laïcité, internationalisme - conservent toute leur acuité. Il en va de même pour les grands objectifs qui incarnent ces valeurs : une démocratie accomplie, une économie maîtrisée, une société plus humaine ; le socialisme, c'est d'abord et avant tout un idéal de civilisation. Mais les moyens et les politiques permettant de réaliser ces grands objectifs sont à réinventer, aux niveaux national, européen, international. Les idées ne manquent pas, mais elles sont plus faciles à énoncer qu'à réaliser. On le voit avec l'idée d'une Europe-puissance, creuset d'une nouvelle renaissance et levier d'une autre mondialisation, maîtrisée et solidaire.


S'agissant du programme,
le PS doit tenir davantage compte des nouvelles conditions historiques de son action : la nouvelle division internationale du travail, le vieillissement de la population, les mouvements migratoires, le réchauffement de la planète, les effets de l'individualisation sur nos sociétés. On ne peut se contenter de conserver les politiques des années 1980, en augmentant simplement les moyens qui leur sont allouées. Nous savons que pour reconquérir le plein-emploi, il vaut mieux spécialiser notre économie, la redéployer vers les industries de pointe et les services à haute valeur ajoutée ; l'orienter vers les grands marchés de l'Asie, en croissance rapide ; mieux former notre jeunesse et notre force de travail.


Cette modernisation implique, certes, la mobilisation des entrepreneurs, des actionnaires et des managers, mais elle exige aussi celle des salariés. Ceux-ci ne doivent pas être les seuls à payer le coût des adaptations nécessaires. C'est à la collectivité nationale et européenne qu'il appartient d'en mutualiser la charge. Nous devons inventer de nouvelles formes de sécurité sociale, de redistribution des richesses, de services publics. Nous devons promouvoir un nouveau pacte social pour le progrès économique, social, culturel, démocratique de nos pays.


S'agissant de l'organisation,
le PS doit se fixer pour objectif la construction du grand parti réformiste moderne dont la gauche et la France ont besoin : un parti qui rassemblerait à lui seul au moins 35 % des électeurs, comme le font la plupart des partis socialistes européens, et qui assumerait toutes les grandes fonctions du parti leader de la gauche : la défense et la popularisation des valeurs, des représentations, des idéaux de la gauche, car c'est d'abord dans les têtes que se gagnent ou que se perdent les batailles politiques. L'association des citoyens à l'élaboration des décisions qui les concernent, ainsi qu'à leur application et à leur évaluation. La sélection démocratique des candidats à tous les mandats et leur formation. Un tel objectif implique de reconstruire le PS de fond en comble.


Le PS doit augmenter, féminiser, rajeunir, diversifier son corps militant, resserrer ses liens avec les syndicats, les associations, les intellectuels
; impliquer ses sympathisants dans ses débats et son action au moyen notamment des conventions thématiques et de l'Internet. Il doit se donner les moyens d'agir sur la formation de l'opinion publique au lieu de la subir, être un "parti-acteur" et non un "parti-reflet". Dans le nouvel âge de la démocratie dans lequel nous sommes entrés, les partis ne sont pas superflus, ils sont, au contraire, plus nécessaires que jamais, comme vient de l'illustrer la dernière séquence électorale. Mais ils doivent profondément rénover leur mode de fonctionnement et leur façon de faire de la politique.

Tous les partis socialistes, en Europe, réfléchissent à ces questions. Leurs réponses diffèrent selon leurs spécificités nationales, leur culture historique, leurs tropismes idéologiques. La refondation du PS se fera aussi à la lumière de leurs expériences et de leurs innovations.


Henri Weber, Député européen, secrétaire national du Parti Socialiste
.



Commentaire :

Cette contribution au débat des socialistes prend évidemment place dans le débat de refondation de la Gauche. Elle exprime un point de vue qui devra être pris en compte, même et surtout si on peut en disputer certains aspects et notamment son postulat : "comment maîtriser et civiliser le nouveau capitalisme."

 

Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Samedi 7 juillet 2007 6 07 /07 /2007 11:54
Et moi, et moi, et moi… . Maintenant ça suffit !


Par Vincent Bawedin
 
Membre du Conseil Fédéral et Secrétaire Fédéral du PS de la Somme


On ne cesse d’entendre, ça et là, que Ségolène ROYAL a rassemblé sur son nom 17 millions de voix, ce qui lui vaudrait dévotion éternelle ! N’est-ce pas d’ailleurs particulièrement nombriliste de considérer que c’est sur son nom et non pas sur son programme que ces voix ont été rassemblées ? Vaste question… .


Mais, et cela en dit long, on tombe immédiatement sous le feu des critiques dès lors qu’une ébauche d’analyse de l’échec du 6 mai (car oui c’en est un) peu amène envers la candidate est avancée. On est taxé de « rancunier », « d’irrespectueux » voir « d’éléphant » (nouvelle insulte à la mode chez les illuminés de la «modernité » à gauche) si l’on ose (sacrilège) émettre quelques doutes sur la forme et le fond de la campagne menée par la candidate… de façon, il faut bien le reconnaître, assez solitaire ; et ce fut son choix !


Alors maintenant ça suffit ! Il est l’heure de dire les choses ...


Lire la suite :
http://www.gaucherepublicaine.org/,article,1555,,,,,_17-millions-de-voix-et-moi-et-moi-et-moi-.-Maintenant-ca-suffit.htm


Source
: ResPublica

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Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /2007 22:55


Socialistes, parlons de nos désaccords !


Tribune publiée dans le journal Libération par :


Guillaume Bachelay, Laurent Baumel, Alexis Dalem et François Kalfon.


Parfois décrié, caricaturé comme un règlement de compte interne au Parti Socialiste, le débat sur la défaite présidentielle de 2007 est indispensable. Comment préparer les rendez-vous futurs sans comprendre ce qui a conduit la gauche à manquer à ce point celui de 2007 ? Dans ce travail d'interprétation, il n'y a pas, par principe, à jeter un voile sur les déficits et les erreurs de la candidate socialiste. Mais le même souci de lucidité et d'efficacité doit conduire à regarder en face les causes structurelles qui, en amont de la campagne, ont grevé la qualité de l'offre politique et programmatique des socialistes. 


Le PS a notamment été victime d'une radicalisation parfois excessive de clivages politiques surgis en son sein au cours des années précédentes. Sur fond de compétition présidentielle, les divergences, réelles, fortes et légitimes, à propos de la défaite de 2002, puis du traité constitutionnel européen, ont été exacerbées avant d'être dissoutes dans une synthèse artificielle.
Au total, les socialistes français sont sortis de cette période avec des querelles intactes mais sans une ligne politique opérationnelle sur les sujets essentiels. 


L'objectif ne saurait être d'effacer ou de supprimer ces contradictions. Elles ne sont pas seulement celles du PS, mais celles de la gauche tout entière. Mais il est nécessaire d'organiser le débat indépendamment des échéances, de pouvoir pour le dépassionner et permettre de clarifier ce qui nous sépare vraiment. La refondation et la reconquête de notre électorat sont à ce prix. Notre intuition - qui motive notre démarche - est que, pour nous socialistes, qui avons tous intériorisé l'effondrement du communisme et l'expérience du pouvoir, qui sommes tous réformistes, désireux de gouverner, soucieux des réalités, unanimement conscients des transformations du monde et de la nécessité de construire l'Europe face à la mondialisation, nos désaccords ne nous interdisent ni de nous rassembler dans le même parti, ni, le jour venu, d'exercer ensemble les responsabilités. Ils ne doivent pas être gommés, mais ils peuvent être circonscrits et, peut-être dans certains cas, dépassés. 


Considérons par exemple la question européenne
qui a tant divisé les socialistes dans les années 2004-2005 et, au fond, qui «travaille» le PS depuis fort longtemps. De quoi était-il question en réalité ? D'un traité apportant quelques avancées institutionnelles, sans apporter toutes celles que souhaitaient les ­socialistes, et en y ajoutant une constitutionnalisation contestable de dispositions libérales, d'ailleurs combattues par tous les socialistes français. Voilà de ce dont il fallait discuter, au lieu de caricaturer les uns en archaïques et les autres en libéraux. Dans quelques mois, lorsque le nouveau Traité sera rédigé par la CIG, la question va se reposer. Profitons de cette période pour débattre ensemble de ce que nous attendons réellement de la construction européenne, des compromis que nous sommes prêts à faire, des limites que nous ne voulons pas franchir et des stratégies politiques que nous voulons mettre en œuvre dans l'espace public européen. Avancer de la sorte, en remettant à plat et sans anathème, l'ensemble du débat sur les voies et les moyens de notre engagement européen nous permettra, le moment venu, d'avoir des débats doctrinaux plutôt que caricaturaux. 


On pourrait dire la même chose à propos de la question sociale.
Au cours des années précédentes, deux analyses se sont opposées : celle des «deux France» et celle de «la fragmentation sociale». Moins spectaculaire que le différend européen, cette querelle sur la réalité sociale française n'en est pas moins aussi profonde. Elle a empêché de penser collectivement un bon programme économique et social. Or tout le monde sait, en vérité, qu'il y a 2 France et notamment une France des couches populaires et moyennes, composée d'exclus, de travailleurs précaires et de salariés modestes, vivant dans les citées, le périurbain et le monde rural, avec les difficultés de logement et des transports et l'angoisse de l'avenir. Tout le monde sait, en même temps, que cette grande base sociale ne se vit pas comme une classe homogène, traversée qu'elle est aussi par la diversité de ses situations. Tout le monde sait, enfin, que c'est la stratégie de la droite de diviser le salariat pour faire en sorte que chaque catégorie sociale se vive en concurrence avec les autres. 


On pourrait gagner du temps et de la pertinence politique si on se décidait à affronter ensemble 2 questions essentielles : comment reconstruire par la politique, à travers des revendications réellement fédératrices, sinon une «classe sociale», en tout cas une dynamique d'alliance des couches populaires et moyennes ? Quel type de compromis redistributif interne, au sein de ces couches populaires et moyennes, faut-il imaginer pour rendre possible cette agrégation ? Le Parti Socialiste a programmé pour l'année qui vient un processus de refondation rythmé des conventions thématiques et un Congrès. Ce processus sera utile s'il s'inspire de l'état d'esprit et de la méthode que nous proposons (voir notre site www.gagner-2012.net). Appartenant à différentes sensibilités de ce parti mais aussi à une génération qui veut retrouver le plaisir fraternel du débat (et parfois du combat) des idées,
nous prendrons toute notre part, en commun et chacun de son côté, à ce travail de clarification et de reconstruction.

Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /2007 15:04


Tribune de Laurent FABIUS dans le cadre du débat de la refondation.



publiée par "Le Nouvel Observateur" 



Pour voir la gauche emporter l’élection présidentielle, il faut remonter près de 20 ans en arrière. C’était François Mitterrand, à ce jour seule figure socialiste dans la galerie des Présidents de la Ve République.


Devant cette réalité tout le monde parle de refondation, mais attention aux faux-semblants ! Évitons de jouer « retour vers le passé », l’hypertrophie des égos en plus, un retour présenté paradoxalement comme le dernier cri de la modernité. Il s’agirait notamment d’appliquer en France les recettes traditionnelles de la social-démocratie, longtemps efficaces mais devenues souvent inadaptées face au nouveau capitalisme.


Certes, personne ne possède dès maintenant le sésame de la refondation et je n’entends pas aborder ici en détail les questions importantes d’organisation. Mais pour avancer je suis convaincu que nous devons à la fois maintenir nos valeurs socialistes et revisiter très profondément nos propositions, en les ouvrant davantage sur le monde et sur le futur : c’est la double clé de la refondation.


L’esprit d’ouverture doit d’abord guider l’analyse de notre défaite
. Pour 2007, en laissant de côté les questions de personne, toujours discutables, nous avions plusieurs atouts incontestables : le mauvais bilan de la droite, le remords du 21 avril 2002, la forte demande de changement dans le pays et la domination des thèmes de gauche auprès de l’opinion. Ce dernier point doit être souligné. La société française ne s’est pas droitisée. Le refus des excès de la mondialisation financière est vivace. L’exigence de services publics et d’égalité est forte. De nombreuses mobilisations sociales sont survenues ces dernières années. Aujourd’hui, les Français s’inquiètent des nouvelles taxes sur la santé ou des milliers d’emplois d’enseignants supprimés. Ce n’est pas un hasard si le candidat de la droite s’est senti obligé durant la campagne de reprendre dans les mots certaines aspirations de la gauche et si le grand homme de cette séquence électorale fut ... Jean Jaurès.


Une forte demande de gauche donc, qui se termine en victoire de la droite. J’y vois 2 raisons principales. Le terrain économique et social a été trop délaissé par nous, au profit de thématiques davantage sociétales, personnelles et morales. La critique des projets de la droite n’a pas été assez convaincante. Ainsi, le fameux slogan « travailler plus pour gagner plus » n’a pas été efficacement déconstruit. Tirons-en au moins une leçon : les socialistes doivent refuser tout sectarisme, ils doivent aussi refuser le confusionnisme consistant à se laisser glisser sur le terrain de l’adversaire qui peut alors brouiller les cartes et manœuvrer à sa guise.


Au plan électoral l’enjeu de la refondation, c’est la reconquête de notre base populaire qui subit de plein fouet la précarisation et les difficultés de pouvoir d’achat. Les données sont claires : c’est d’abord cet électorat qui nous a manqué, en particulier dans les régions industrielles durement touchées par les effets de la mondialisation. Tous ces Français attendent à juste titre de la gauche plus d’égalité (davantage pour le travail et non pour le seul capital), plus de solidarité (investissements publics dans la santé, l’école, le logement, les transports) et plus de protection (sécurité, juste échange plutôt que libre échange). Pour eux, les questions du pouvoir d’achat et de l’avenir de leurs enfants priment sur tout autre sujet. Ils attendent de la gauche des propositions précises, crédibles et opératoires dans ces domaines. C’est notre défi.


La première exigence pour relever ce défi, c’est-à-dire pour conjuguer solidarité et efficacité, consiste à clarifier enfin notre rapport à la mondialisation. Nous n’avons pas su le faire jusqu’à présent. Évidemment celle-ci constitue un phénomène très complexe. D’un côté, l’ouverture des frontières, la mise en réseau des hommes et des cultures et les avancées technologiques conduisent à un développement humain positif. De l’autre côté, le capitalisme financier creuse les inégalités et en installe de nouvelles ; le marché, utile en lui-même, affaiblit les régulations et les normes dès lors qu’il devient tout puissant ; la recherche systématique de la rentabilité à court terme détruit souvent l’environnement, oppose les individus, déséquilibre les territoires.


Certains ne voient dans la mondialisation que ces désordres et s’enferment dans la seule dénonciation. C’est l’impasse de l’ultra-gauche dont le diagnostic est parfois juste, mais qui laisse l’espace aux ultra-libéraux faute d’apporter des réponses crédibles. D’autres croient en une « mondialisation heureuse » et recommandent l’adaptation, voire la résignation. Ainsi s’exprime parfois une certaine branche de la sociale démocratie lorsqu’elle prône seulement l’insertion dans la mondialisation telle qu’elle est, estimant possible d’établir des compromis à la façon des années 50. Le problème est que la mondialisation financière actuelle déséquilibre les rapports de forces au profit du capital, précarise les salariés et déstabilise l’action publique dans chaque État, rendant largement caduques les vieilles méthodes. Prôner un « socialisme du réel » est juste mais n’a de sens que si on n’oublie pas en cours de route que le réel est devenu plus libéral et plus brutal.


C’est pourquoi je pense qu’aucune de ces voies - l’ultra-gauche et l’infra-gauche - n’est vraiment satisfaisante.
Oui, la double clé de la refondation, c’est la rénovation de nos propositions dans la fidélité à nos valeurs. Car ces valeurs ne sont pas dépassées. Face à la précarité et à l’individualisme, il y a besoin d’égalité et de solidarité. Face aux communautarismes, il y a plus que jamais besoin de laïcité. Face à la marchandisation généralisée, il y a besoin de services publics et de développement durable. Face à la concentration des pouvoirs, il y a besoin de démocratie libre et de pluralisme. Face à l’explosion des nationalismes, au risque de guerre des civilisations et aux inégalités internationales, il y a besoin d’Europe et d’internationalisme. La gauche doit revendiquer ses valeurs. La gauche moderne n’est pas une gauche droitière.


Je refuse le choix qu’on cherche à nous imposer entre archaïsme et libéralisme. A bien des égards, c’est le libéralisme qui est archaïque. Ses solutions, appliquées durement, mènent souvent aux reculs sociaux, à l’accroissement des inégalités et au saccage de l’environnement. Le socialisme, lui, est fondamentalement progressiste. Nous défendons les conquêtes sociales, nous proposons de développer de nouveaux droits, de créer de nouveaux gisements d’emploi et de croissance, d’agir contre les inégalités, nous refusons l’obscurantisme, nous croyons dans la science et la technique, nous encourageons de nouvelles découvertes améliorant le sort de l’homme.


Mais pour faire vivre ces valeurs dans un monde qui a changé et qui va changer, nous avons besoin de propositions très novatrices. Ne redoutons pas d’être audacieux. Quatre exemples :


Le rapport capital - travail
 : là où la mondialisation financière exerce une pression à la baisse sur la rémunération du travail, notre réponse en direction de l’emploi et du pouvoir d’achat doit viser la « compétitivité par le haut » et non la course au moins disant. Pour la France, cela implique d’investir beaucoup plus qu’aujourd’hui dans l’enseignement supérieur, la formation, la recherche, la culture, l’innovation ; d’encourager - eh oui ! - les entrepreneurs et l’esprit d’entreprise ; de sécuriser les parcours professionnels et d’améliorer la santé au travail ; de soutenir le pouvoir d’achat par l’amélioration des salaires, des pensions et par une meilleure répartition ; de repenser l’organisation du temps de travail, tout au long de la vie en tenant compte du vieillissement, donnée majeure.


L’Europe :
pour agir contre les dérives du libre-échangisme, nous devons proposer de nouvelles régulations. Une vraie réciprocité dans les pratiques commerciales, la lutte contre le dumping social et environnemental, la pénalisation des entreprises prédatrices doivent devenir de nouveaux mots d’ordre. Nous devons relancer et réorienter la construction européenne sans nous contenter de simples ripolinages institutionnels. Pour bâtir une véritable souveraineté économique et sociale de l’Union européenne, l’objectif de convergence sociale européenne doit être réactivé, un budget commun pour la recherche et l’innovation mis en place, une politique monétaire de croissance remplacer celle de l’euro cher, le fétichisme de la concurrence laisser place à une politique industrielle et énergétique concertée. Un tarif extérieur commun doit se substituer aux dérives actuelles.


La puissance publique :
dans certains domaines, nous devons rétablir des leviers d’action. C’est le cas pour notre approvisionnement énergétique, enjeu majeur du siècle à venir et secteur où la France possède des atouts magnifiques. De même pour notre capacité à stimuler l’économie, par exemple en faveur des PME innovantes. Dans d’autres domaines tels que la solidarité, nous devons rénover les mécanismes grippés pour éviter, par exemple, les dépendances durables ou l’assistanat. C’est à la gauche de se fixer comme objectif d’améliorer partout l’efficacité de l’action publique, celle de l’État et des collectivités territoriales à travers des solutions innovantes.


L’environnement enfin :
sa dégradation est gravissime. Elle est, j’en suis convaincu, encore plus avancée qu’on ne le dit. L’exigence écologique doit devenir transversale. Elle doit être prise en compte dans toutes nos politiques nationales et dans toutes les négociations internationales. Une fiscalité écologique doit être mise en place. La recherche d’économies d’énergie doit être généralisée et le ferroutage massivement développé. Socialiste et écologiste, au 21ème siècle, ces deux combats n’en font plus qu’un.


Je n’ai pas évoqué ici les questions d’organisation, mais pour refonder la gauche, il faudra évidemment la rassembler, donc accepter ses différences. A cet égard, le Parti Socialiste a vocation à couvrir un espace idéologique et électoral plus vaste qu’aujourd’hui, allant des antilibéraux au centre-gauche. Les alliances avec les communistes, les radicaux, les verts, les progressistes, devront se nouer sur la base du projet socialiste et non à la va-vite. Le recrutement militant devra être diversifié, le fonctionnement moins « personnalisé », le débat d’idées stimulé. Un tel parti, socialiste et progressiste, pourra alors obtenir au moins 35% des voix au premier tour des élections. Cet objectif est parfaitement accessible à condition que chacun accepte de travailler ensemble, de tirer les leçons du passé, de faire taire ses rancunes et ses rancœurs, de s’ouvrir à l’avenir et au monde tout en sachant résister à l’air du temps. Un énorme travail d’unification et d’imagination est indispensable, qui ne peut pas être une opération de laminage. On cherche une méthode pour cette refondation ? Je propose celle-ci : traiter d’abord sérieusement les questions de fond.

Par Gérard CONTREMOULIN - Publié dans : Refondation de la gauche
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