Communication de Marianne LOUIS, secrétaire nationale chargée de la Politique de la ville
Le décalage entre les objectifs affichés en février 2008 par le Président de la République et le manque d’objectifs chiffrés et d’ampleur des mesures du «Plan Espoir Banlieues» présenté par Fadela Amara, n’a fait que s’accentuer. Il se traduit aujourd’hui par des réalisations médiocres.
A l’heure du bilan les craintes des habitants, des professionnels, des élus et des bénévoles se confirment.
- Le Président déclarait «Je veux une politique d’égalité des chances sur l’ensemble du territoire. Je veux une France où l’on ne parlera plus des quartiers sensibles… »
… aujourd’hui la secrétaire d’Etat reconnait elle-même l’inefficacité du Plan Espoir Banlieues et reporte de 10 ans «l’Espoir».
- Il affirmait également que «l’effort de l’ANRU ne serait ni arrêté, ni ralenti»,
… aujourd’hui, même si Fadela Amara affirme que «Les 12 milliards engagés dans 500 quartiers sont bien là», il est clair que les anticipations de crédits et les ponctions faites sur le 1% logement des salariés pour financer le renouvellement urbain, ne constituent pas un financement stable et laisse planer les plus grandes incertitudes sur le financement des dossiers contractualisés entre les collectivités et l’ANRU jusqu’en 2013. Ce sont plusieurs dizaines de projets qui risquent aujourd’hui la panne.
Fadela Amara tire elle-même un bilan très négatif de son action. Comment pourrait-il en être autrement ?
- Emploi : L’unique dispositif public «emploi» du plan espoir banlieue connait un retard inquiétant. Et le contrat d’autonomie, qui devait permettre un soutien renforcé et personnalisé ne connait pas le développement annoncé. Alors que 40% des jeunes de moins de 26 ans qui vivent dans les quartiers sensibles sont aujourd’hui au chômage, moins de 4000 contrats sont signés.
- Education : Les moyens de l’école publique sont en régression partout sur le territoire, et même les mesures expérimentales et contestables de transports scolaires d’enfants issus d'écoles en difficulté vers un établissement moins «sensible», ne sont pas mises en œuvre. Le développement des "écoles de la deuxième chance", devant former des jeunes sans diplôme ni qualification est au point mort.
- Solidarité financière : Le gouvernement refuse de mettre en œuvre les vrais outils de la solidarité urbaine et de proposer une véritable péréquation territoriale. Pire, à l’automne, il a à nouveau tenté de démanteler la dotation de solidarité urbaine.
- Sécurité : depuis plus de 10 ans, la droite s’avère incapable de proposer une réelle politique de sécurité et la tranquillité pour tous les citoyens. Après avoir fait de la suppression de la police de proximité un fait de gloire en tant que ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy laisse Michèle Alliot-Marie re-développer les unités territoriales de quartier… pour combien de temps !
- Citoyenneté : Le monde associatif qui s’engage depuis des décennies pour renforcer l’accompagnement social, lutter contre les discriminations, développer l’accès à l’emploi, aux soins… partout et notamment auprès de ceux qui en ont le plus besoin dans les quartiers est aujourd’hui en danger, précarisé par la marchandisation de ses interventions et le démantèlement de l’Acsé. (agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances)
Alors que les quartiers sensibles, déjà plus largement touchés par les difficultés financières et la précarité, risquent d’être au premier rang des victimes de la crise, les cafouillages autour du pilotage de l’ANRU (agence nationale pour la rénovation urbaine) et les opérations de communication, ne pourront continuer à se substituer à toute vision ambitieuse et générale de la politique de la ville sous peine de désespérer à nouveau la banlieue.
Pour une réelle politique de solidarité urbaine
Aujourd’hui en France, 6 millions d’habitants des quartiers populaires sont victimes de la crise sociale et urbaine.
Plus qu’une politique de la ville, gravement mise à mal par la droite, le Parti socialiste appelle à une vraie «politique de solidarité urbaine», réellement dotée de moyens par la mise en en œuvre d’une réforme ambitieuse des dotations de l’Etat et de la fiscalité locale.
Les communes pauvres doivent bénéficier de mesures d’urgence et d’une péréquation financière importante.
Il est maintenant urgent que l’Etat reconnaisse la place déterminante des villes et des intercommunalités comme interlocuteurs privilégiés et propose aux territoires les plus défavorisées un «pacte de solidarité urbaine» comprenant des objectifs chiffrés.
Le renouvellement urbain ne pourra porter ses fruits que s’il est accompagné d’une réelle volonté de mixité sociale entre les villes et de développement de l’offre de logements et de la tenue des engagements financiers de l’Etat vis à vis des régions et des collectivités locales en première ligne pour proposer une offre de transport de «désenclavement»
La sécurité est essentielle. Cette première des libertés est de la responsabilité de l’Etat. Aujourd’hui les inégalités face à l’insécurité se sont aggravées. L’efficacité de la lutte contre l’insécurité appelle une démarche globale et une continuité d’action fondée sur la précocité de la prévention et la de la sanction. La prévention passe nécessairement par une prévention de la délinquance et de la violence juvénile. Les cellules de veilles éducatives, doivent être généralisées et renforcées. Les moyens de la justice et de la PJJ doivent prendre en compte cette priorité pour que chaque acte de délinquance reçoive une réponse adaptée et proportionnée.
Les militants et les salariés du monde associatif qui font sur le terrain un travail quotidien de solidarité et d’éducation populaire en participant activement à la citoyenneté doivent pouvoir retrouver un cadre contractualisé et pérennisé. Plutôt que des «délégués de l’Etat» forcés, le Parti socialiste propose de mettre en place 500 « maisons de la citoyenneté » avec l’aide de l’Etat, notamment à partir du réseau des centres sociaux et socioculturels, pour développer les initiatives collectives et individuelles des habitants.

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