Dimanche 16 novembre 2008
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Martine Aubry : "Il y a une majorité" sur une ligne
politique
Source : NOUVELOBS.COM | 15.11.2008 | 18:38
Martine Aubry ferme la porte à un accord avec Ségolène Royal souhaitant un "parti socialiste ancré à gauche, profondément européen, fort de ses militants et respectueux de
ceux-ci".
Plaidant pour un Parti Socialiste "ancré à gauche", Martine Aubry s'est déclarée convaincue, samedi 15 novembre, que "cette ligne politique existe" et qu'il "y a une
majorité dans ce parti pour la faire vivre demain" devant les délégués du Parti Socialiste réunis à Reims. Pressentie par certains pour prendre la tête d'une alliance contre Ségolène
Royal, la maire de Lille a rétorqué : "je n'ai mis aucun préalable concernant (...) le dispositif humain". "Évidemment nous avons tous nos préférences", mais "le plus important c'est de
faire gagner la ligne à laquelle nous croyons".
"Il nous reste quelques heures. Il nous faut une majorité la plus forte possible", a-t-elle insisté.
Martine Aubry a renvoyé une fin de non-recevoir à la main tendue par Ségolène Royal : "nous n'avons pas en l'état pu nous inscrire dans le rassemblement proposé", car "nous n'avons pas
trouvé la cohérence globale du projet alternatif (...) nous voulons garder un parti de militants" et "nous voulons aussi clairement dire que l'alliance doit se
faire entre les partis de gauche". Des propos accueillis par les huées d'une partie de la salle.
"Il faut d'abord la ligne politique (...) C'est la ligne politique qui fait les alliances et qui fait la majorité de notre congrès", a-t-elle martelé, plaidant pour un PS "ancré à
gauche, profondément européen et fort de ses militants et respectueux de ceux-ci". "C'est un congrès historique", a prévenu Martine Aubry. "Si nous ne sommes pas capables de nous reprendre, c'est peut-être la fin du Parti Socialiste".
"Martine! Martine!", scandait une partie de la salle à l'issue de son intervention. "Un parti pour exister doit avoir une ligne claire", "une ligne claire appuyée sur une majorité
forte", a-t-elle insisté. "C'est dans nos mains, les délégués, que repose désormais l'avenir du Parti Socialiste", a encore souligné l'ex-Ministre. "Oui, le Parti socialiste doit sortir ancré à gauche de Reims et doit sortir avec une volonté de changement".
Martine Aubry s'en est longuement prise à la politique de Nicolas Sarkozy, évoquant le travail le dimanche -"est-ce que ça veut dire
que notre société n'est là que pour consommer, que pour acheter?"- ou la "retraite à 70 ans". Le chef de l'État est "le dernier défenseur du libéralisme dans les faits", a-t-elle
accusé, dénonçant "les mots doux" et "la réalité dure" du chef de l'État.
La maire de Lille a donc appelé le PS à "retrouver la politique : la politique, c'est donner une vision et un sens à notre société, dire ce que nous récusons, mais dire aussi ce
que nous proposons au nom de nos valeurs".
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