Trait d'Union de l'Eure
"Assez parlé d'égalité, il est temps de faire des
égaux" (Jean Jaurès)
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Bonjour !
Merci à celles et ceux qui ont la gentillesse
de reprendre la lecture de ce blog politique.
Les échéances électorales sont évidemment importantes.
Mais elles sont peu devant l'immensité de l'effort nécessaire
de formation, de réflexion, de cohésion pour
reconstruire le parti des socialistes
sur une ligne clairement à gauche !
"Aider les autres, c'est voter Ségo !"
Vous avez dit Bayrou ?
"Au premier tour on choisit, au 2° on élimine". Cette vieille maxime des scrutins à deux tours a, cette fois, subit des variantes substantielles !
Par crainte des positions extrémistes de Sarkozy, des électeurs de droite on préféré voter Bayrou. Ils continueront au 2° tour à refuser Sarkozy.
Par crainte des positions pas assez engagées contre le libéralisme de Ségolène Royal tout en faisant barrage à Sarkozy, des antilibéraux ont voté Bayrou. Comment voteraient-ils pour Sarkozy ?
Des électeurs du PS, parfois même des enseignants qui avaient pourtant manifesté contre lui lorsqu'il était leur ministre, ont choisi de voter Bayrou. Là encore, comment ne reviendraient-ils pas dans leur famille politique ?
Bref, tant ici et tant là qu'on finit par se demander combien de "centristes" réels ont voté Bayrou ? Nous le saurons lorsque le "Parti démocrate" qu'il veut créer à la place de l'UDF prendra corps.
Pour cause de "vote utile", un certain nombre de voix qui se seraient portées sur les candidats de la gauche de la gauche (Buffet, Bové, Besancenot et même Laguillier) ou sur les Verts (Voynet) se sont portées sur Ségolène Royal dès le premier tour. C'est probablement pour cette raison que ces candidats ont réalisé des scores si faibles. D'ailleurs ils ont, dès dimanche soir ou lundi matin, appelé soit à voter pour Ségolène Royal (c'est une grande première pour Laguillier en 6 présidentielles), soit à faire barrage à Sarkozy, c'est-à-dire à voter Royal...
Enfin, le positionnement de Sarkozy, dans les derniers temps, très eugéniste, a permis le ralliement de voix frontistes. Ajoutées aux voix traditionnelles de la droite caporaliste, et à celles du vicomte Le Joly de Villiers de Saintignon, tout récemment rallié, le total ne fait pas une majorité. On peut même imaginer que Le Pen gardera une certaine rancoeur vis à vis de celui qui l'a ainsi "syphonné". Quant à la garde rapprochée chiraquienne dont le "leader" n'a jamais voté pour son camp sauf lorsqu'il en était lui-même le candidat, on peut se demander avec quel entrain ils vont mettre leur bulletin Sarkozy dans l'urne le 6 Mai... De sorte qu'il est fort probable qu'en dehors des voix centristes, Sarkozy ait déjà fait le plein de ses voix.
Si cette arithmétique électorale peut expliquer en partie les sollicitations dont Bayrou fait l'objet de la part des deux finalistes, elle n'explique pas tout et surtout elle n'excuse pas tout. Il y a le feu à la maison. Certes ! Mais c'est précisément pour cette raison que les socialistes doivent rester sur leurs bases politiques, c'est-à-dire fidèles à leurs engagements du 1° tour.
Le pacte présidentiel de Ségolène Royal a été présenté à nos concitoyens. Il nous engage vis à vis d'eux. Il doit donc rester la base à partir de laquelle nous nous présenterons au 2° tour. Nos électeurs ne comprendraient pas que nous changions d'orientation dans l'intervalle.
Pour l'heure, l'autre campagne a commencé. Celles et ceux qui souhaitent maintenant le soutenir face au danger pour la démocratie que représente Sarkozy, doivent pouvoir le faire sans arrière pensée. Mais ne nous y trompons pas. Nous sommes, nous socialistes, les seuls à pouvoir faire campagne pour expliquer cela autour de nous. Extrêmement courte, cette nouvelle campagne nous commande de ne rien négliger. Aucune rencontre, aucun contact, aucune conversation ne doivent échapper à notre volonté d'explication politique pour convaincre d'aller voterle 6 mai. Car le plus grand danger sera précisément l'abstention. La formidable mobilisation du premier tout ne doit pas retomber. Le différentiel du 1° tour peut être rattrapé et porter Ségolène ROYAL à l'Elysée. Mais cela ne se fera pas sans nous !
Gérard Contremoulin
Garder le cap et viser juste !
Oui ! au moment où il peut chasser les ministres du pouvoir, il est, lui, sans garantie aucune et sans lendemain, chassé de l’atelier. Son travail n’est plus qu’une marchandise que les détenteurs du capital acceptent ou refusent à leur gré […].
Il est la proie de tous les hasards, de toutes les servitudes et, à tout moment, s’il veut exercer son droit légal de coalition pour défendre son salaire, il peut se voir refuser tout travail, tout salaire, toute existence par la coalition des grandes compagnies minières. Et tandis que les travailleurs n’ont plus à payer, dans l’ordre politique, une liste civile de quelques millions aux souverains que vous avez détrônés, ils sont obligés de prélever sur leur travail une liste civile de plusieurs milliards pour rémunérer les oligarchies qui sont les souveraines du travail national.
Et c’est parce que le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la République soit affirmée dans l’atelier comme elle est affirmée ici, c’est parce qu’il veut que la Nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique, c’est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain. C’est la République qui est le grand meneur : traduisez-la donc devant vos gendarmes !
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Ce matin j’étais à l’Élysée pour la cérémonie d’installation du nouveau Président de la République. En effet tout le bureau du Sénat est présent pour
représenter notre assemblée. Je suis membre du bureau du Sénat.
Comme il règne une ambiance horrible depuis l’annonce des débauchages et des retournements de veste, j’ai passé le début d’après midi à répondre aux vannes, au
gens qui se posent des questions sans écouter les réponses et ainsi de suite. Bref, je suis à cran. Mais je comprends bien d’où vient ce soupçon généralisé, sérieux ou rigolard. Je mesure quel
venin est à présent instillé ! Aux yeux de beaucoup dorénavant, un socialiste quoiqu’il ait dit auparavant est désormais susceptible de retourner sa veste « pour avoir un bon poste ». Je
crains que cela nous coûte cher aux législatives. Cette fois ci la blessure est profonde. Elle discrédite toute parole avant même qu’elle soit prononcée en discréditant par avance celui
qui parle : « demain il dira le contraire pour un bon poste ! ». Sarkozy marque un point. Pourvu que ce ne soit pas un point d’intention de vote. Ensuite il
impose le thème de « l’ouverture » qui a pour but d’assécher d’un coup la diabolisation de Sarkozy que certains ont cru malin d’instrumentaliser pour faire campagne. Encore un point
d’appui de moins. La manœuvre est grosse bien sur. Mais elle est efficace.
Quand à ceux qui entrent au gouvernement il est évident que ce sont des alibis conscients du mal qu’ils font. Nous avons non seulement le droit de les mépriser
mais c’est même un devoir moral. De toutes les sottises entendues à ce sujet en voici une particulièrement lourde : tel important qui serait débauchés par Sarkozy « méritait d’être à ce poste »
alors que les socialistes l’ont « toujours maltraité ». Je ne vous fais pas l’injure de démonter cet argument qui en dit long sur la vision de la politique réduite au plan de carrière de ceux qui
osent le présenter. Mais le codicille est vite amené : quiconque flétri ces comportements serait un sectaire ! C’est le moment de rappeler qu’en démocratie il est
nécessaire que des opinions contraires s’expriment pour qu’il ait débat et que le peuple souverain tranche par son vote. Après quoi le devoir démocratique c’est de reconnaître cette
décision, c'est-à-dire de l’accepter pour soi-même. Il y a une majorité et une opposition. Chacune sert le pays à sa manière. Si passer de l’opposition à la majorité est noble et rester opposant
une forme de sectarisme alors c’est qu’on n’admet pas qu’il y ait une opposition. Un sage ami africain m’a dit « le plus dur en démocratie ce n’est pas d’accepter d’avoir gagné c’est d’accepter
d’avoir perdu ». Celui qui n’est pas prêt à accepter d’avoir perdu ne peut pas comprendre pourquoi il est important de gagner.
Les enjeux de la
Refondation
Trame de mon intervention au Conseil fédéral de la fédération de l'Eure du
parti socialiste, hier soir, 28 juin 2007.
D'abord faire l'état des lieux.
- C'est la 3° élection présidentielle consécutive que nous perdons. Nicolas Sarkozy concentre en ses mains l'ensemble des pouvoirs de la 5° république. Jamais un président ne s'est
retrouvé dans cette situation. Même François Mitterrand ne s'y trouvait pas puisqu'il avait le Sénat contre lui, ce qui nous a couté fort cher lors des lois de nationalisations !
- Nous n'avons plus de stratégie d'alliances lisible avec les appels à Bayrou lancés
entre les deux tours de la présidentielle et des législatives d'une part et d'autre part avec le ralliement de personnalités "socialistes" qui sont entrées dans les gouvernements Fillon 1
puis 2.
- Nous n'avons plus de base doctrinale claire avec les déclarations stupéfiantes de Royal
sur les 35 heures et sur le SMIC !
Tout cela face à une droite sarkozyste restructurée, "décomplexée" (voir mes précédents articles sur ce sujet). Une droite qui a su inverser le mouvement des départs vers le FN des années 80, et
dont les voix sont revenues cette fois - et d'une façon durable - vers son candidat.
La politique de cette droite ramène sur le devant de la scène la réalité de la "lutte des classes" et nous conduit maintenant à demander des comptes à toutes celles
et tout ceux qui, au parti socialiste, voulaient nous convaincre que c'était un archaïsme, issu d'un marxisme surrané ! Cette inflexion idéologique, nous la devons notamment à la lutte engagée au
PS par les "quadras" deloristes des années 90, au nombre desquels : Royal, Hollande, Gorce, DSK !
Dans ces conditions, la décision du dernier conseil national s'impose : Refonder.
Pourquoi refonder :
Nous constatons nos désaccords sur le concept fondateur du Parti
d'Epinay :
- quel projet politique de transformation sociale ?
- quel outil pour le porter (quel parti) ?
- quelle stratégie d'alliances pour convaincre ?
La crise des idéologies ou plus exactement la perte de puissance de l'idéologie socialiste avec le retour de la conviction que l'horizon du capitalisme (le libéralisme à la mode mondialisée)
serait indépassable. Cela suppose que nous reprenions le discours idéologique socialiste comme point de départ de toute réflexion...
Il nous faut également tenir compte de l'état actuel de la gauche et des gauches. Toute refondation n'est possible qu'en levant les anathèmes lancés ici ou là. Notre réflexion doit s'adresser et
concerner toutes les gauches... L'alternative politique ne peut se construire que sur ces
bases là, sans a priori !
Dans ces conditions, il n'est pas inutile de constater que l'habileté politique de Fabius qui a su mettre en difficulté Borloo puis tout le gouvernement Fillon sur la question de la TVA "sociale"
a été très bien reçu par les citoyens entre les deux tours. Les mérites de cette opposition
frontale consistent à enregistrer la quarantaine de députés qui ont pu gagner ou sauver leur siège.
Sur quoi refonder :
La question centrale qui est au coeur de notre refondation est celle de la
redistribution des richesses produites !
Deux réponses s'offrent à nous :
- la social-démocratie, le social-libéralisme
ou
- la rupture avec le libéralisme
Nous ne pouvons plus tergiverser davantage . Nous devons trancher, c'est-à-dire CLARIFIER la réponse que les socialistes entendent apporter à cette question centrale.
Nous devons l'aborder à partir d'exemples concrets comme :
- la place de la démocratie dans l'ensemble des secteurs de la vie sociale, non seulement
dans la vie citoyennes (les élections) mais aussi dans les entreprises (cf. la République sociale de Jaurès), dans la vie locale (associaltions, contre pouvoirs), syndicale (poursuite du
morcellement syndical qui pousse aux surenchères ou recherche des convergences et de l'unité d'action conduisant, éventuellement, à des rapprochements organisationnels)
- la place du Service Public pour faire face aux inégalités, conséquences du morcellement
individualiste de la société provoqué par la logique du libéralisme,
- la place de la Laïcité face à la montée des communautarismes à l'anglo-saxonne.
A titre d'exemple, nous pouvons revenir sur un débat lancé par Alain Minc dans les années 90 sur Egalité ou Equité...
Comment refonder
:
Il s'agit d'abord et avant tout d'un processus et non d'un simple
calendrier. C'est-à-dire qu'il est impératif que les militants prennent toute leur place dans les différentes étapes qu'il prévoit.
Ce débat interne doit être accepté et mené jusqu'à son terme sur la base de nos règles statutaires. Nous pouvons, donc nous devons, retrouver les mécanismes de l'élaboration collective qui nous ont maintes fois permis de gagner par
la conviction.
Il est bien évident qu'il faudra déjouer les diverses stratégies de contournement des adversaires de ce processus. Il a besoin de temps pour se déployer. La pétition qui circule actuellement pour
la réunion d'un congrès avant décembre vise précisément à ne pas le lui accorder. Sous couvert de consultation des militants, cet appel n'est en fait qu'une grossière astuce pour priver les
militants de ce débat de fond. (Voir également mes articles sur cette question.)
Les prochains
scrutins.
Il faut remercier les militants qui se sont mobilisés sur les campagnes de ce trimestre. Il faut leur dire aussi qu'ils ont bien fait car c'est sur eux et avec eux qu'il faudra
compter désormais lors de ces scrutins. Ces campagnes leur ont permis d'assoir davantage leur implantations locales...
Et les résultats que nous avons obtenus dans certaines villes sont prometteurs...
Alors, la clarification pour une refondation est-elle un handicap pour ces élections ?
NON :
- si elle se réalise dans la clarté,
- si elle se réalise dans le respect des hommes et des idées,
- si elle ne sert pas de base aux "petites phrases" distillées dans la presse et qui seront autant de parasitages de notre entreprise collective.
Il est plus que temps de repasser du "JE" au "NOUS"
Gérard Contremoulin
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